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Orientation et gestion de carrière

Les tests d'intérêts en bilan de compétences : comment les utiliser correctement ?

eye 313 Publié le 27 Feb. 2024
Les
tag #Intérêts professionnels

Outils phares du bilan de compétences, les tests d’intérêts sont une aide notable pour tracer le fil de son histoire professionnelle et orienter sa trajectoire en fonction de ses envies. Synonymes de motivation, de bien-être et de réalisation de soi, ces tests offrent des réponses vraies et pleines de sens afin de définir son identité et faire de sa carrière une source d’épanouissement et de fierté.

Bien utilisés, ils crédibilisent le travail du professionnel du bilan de compétences. Ils ajoutent une valeur inestimable à l’accompagnement à travers la justesse des informations révélées et la qualité des réflexions engagées. Mais encore faut-il maîtriser l’interprétation de ces tests et savoir les restituer dans les règles de l’art. Voyez si vous avez tout bon dans l’utilisation des tests d’intérêts.

Erreur # 1 : Prendre les % des métiers pour argent comptant

« Vous avez obtenu 87% au métier de comptable alors c’est fait pour vous ! » Ce type de phrase, que j’entends encore trop souvent dans ma pratique de consultante, me hérisse les cheveux. Soyons clair : on ne mesure pas le taux de performance d’une machine. C’est d’un humain dont il est question, avec toute la complexité qui le constitue. Les tests d’intérêts mesurent le taux d’adéquation potentiel d’un individu avec des métiers qu’il serait susceptible d’aimer. S’il y a beaucoup de conditionnel dans cette phrase, il en est de même pour l’accompagnement qui doit être mené. 

À quoi sert donc le test, me direz-vous ? Comme on ne cesse de le rappeler, le test est avant tout un guide et non une solution puisqu’il ne peut capturer l'intégralité de la personnalité d’un individu. Le test offre au conseiller une méthode formidable, à la fois structurée et riche en informations, pour identifier les domaines qui suscitent un réel enthousiasme chez un individu. Les résultats fournissent une base objective pour engager des discussions significatives sur leurs aspirations professionnelles, leurs valeurs et leurs motivations. Ces tests peuvent accélérer le processus de prise de décision en réduisant le nombre d'options à considérer et permettent aux conseillers de concentrer leurs efforts sur des choix de carrière plus pertinents pour leurs bénéficiaires. Et n’oubliez pas que vous êtes expert du processus et de l’utilisation du test. Le bénéficiaire est expert de soi et acteur de sa vie ; c’est à lui que revient le choix de sa carrière.

Erreur # 2 : Aller trop vite voir les correspondances métiers

Ce type de test n’est comparable à aucun autre sur le plan émotionnel. Vous n’avez qu’à voir la réaction des bénéficiaires lorsqu’ils reçoivent leur rapport : ils sont impatients de voir la liste des métiers pour, enfin, avoir la révélation ! Ils attendent que ce test leur offre sur un plateau d’argent le métier de leur rêve, celui auquel ils n’auraient pas pensé et qui changerait le cours de leur vie ! Stop !... Chers conseillers, comme dit ci-haut, vous êtes l’expert du processus. À quoi cela servirait-il d’aller survoler la liste de métiers sans même comprendre pourquoi celui-ci sort en tête de liste et tel autre obtient des scores faibles ? Les candidats n’en seront que davantage perdus et cet exercice serait sans valeur.

Avant d’aller explorer cette fameuse liste, c’est la connaissance de soi que vous devez impérativement travailler avec votre bénéficiaire. Celui-ci a besoin de savoir ce qui le passionne, ce dont il ne veut plus, ce qui explique ses choix passés, ce dont il a besoin maintenant, de quelle façon, dans quel environnement, sous quelles conditions … bref, il a besoin de se connaître et ce n’est qu’en effectuant ce travail de fond que les métiers prendront tout leur sens. Plusieurs méthodes sont à la portée des professionnels du bilan pour accompagner les bénéficiaires à tirer parti des informations délivrées par le test afin de prendre conscience de leurs intérêts et favoriser une meilleure compréhension de soi, étape fondamentale dans les choix de carrière.

Erreur # 3 : Ne pas interpréter le RIASEC comme il se doit

J’entends souvent : « Je connais le test RIASEC ». Que les choses soient posées : le RIASEC n’est pas un test. Il s’agit d’un modèle sur lequel on s’appuie pour construire un test. Et pour interpréter correctement ce modèle, la célèbre maxime “le tout est plus que la somme des parties” trouve tout son sens. Encore trop de gens ne s’attardent qu’à un facteur à la fois, pensant qu’en le décortiquant bien, le bénéficiaire se connaîtrait mieux. Or, c’est la combinaison de ces facteurs qui fait ressortir toute la saveur d’un profil. Voyons cela en exemple.

Savoir qu’on est un créatif sensible aux idées novatrices permet d’apprécier son profil Artiste. Savoir aussi que l’on aime travailler avec des outils sur des projets concrets informe de ses intérêts Réalistes. Mais il est autrement plus pertinent de combiner ces deux intérêts pour pousser l’analyse dans une autre dimension et générer une information nouvelle. Pour ce cas, en associant l’Artiste et le Réaliste, le candidat pourrait apprécier sa facilité à visualiser mentalement des objets à partir d’un plan ou à imaginer différentes possibilités pour créer un nouvel environnement. Il pourrait prendre conscience de ses méthodes uniques de travail, qui allient créativité, patience, minutie et débrouillardise. On pourrait aussi discuter de ses intérêts pour les activités manuelles faisant appel à son sens de l’esthétisme, de ses habiletés à manipuler divers matériaux pour concrétiser ses idées ou à savoir donner une nouvelle vie aux objets.

Pour en tirer le meilleur parti, les tests d'intérêts doivent être intégrés dans la démarche de bilan de compétences, en liant les informations à l’histoire de l’individu et en les couplant à d'autres outils d'évaluation. A cela, il est généralement suggéré de joindre aux tests d’intérêts une mesure de la personnalité. Car si les tests d’intérêts indiquent à la personne ce qu’elle aime et ce qui la passionne, l’évaluation de la personnalité porte le focus vers ses préférences et ses facilités, c’est-à-dire ce qu’elle fait sans efforts et qui correspond à ses talents.

Helen Simard

Conseillère d'orientation spécialisée en psychométrie

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