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La désirabilité sociale... Quésaco ?

11 Feb 2013

La désirabilité sociale... Quésaco ?

Entretien d'embauche ? Rendez-vous galant ? Première rencontre avec sa belle-mère ? Nous avons tous tendance, dans la vie quotidienne, à nous présenter sous un jour favorable selon les circonstances. C'est l'expression de notre propre désirabilité sociale.

De quoi s'agit-il exactement ? La désirabilité sociale est une tendance, consciente ou inconsciente, qui consiste à vouloir se présenter sous un jour favorable à ses interlocuteurs.

Dans le cadre d'un entretien en tête-à-tête, les recruteurs reconnaissent facilement la tendance des candidats à se présenter de façon socialement désirable : costume ou tailleur de rigueur, cheveux bien ordonnés, etc. 
De même, lorsque le processus de recrutement implique le passage de tests psychométriques, les recruteurs se doivent de prendre en considération le biais représenté par la désirabilité sociale : d'une part, les candidats peuvent répondre en fonction de ce qu'ils imaginent correspondre à la réponse attendue selon le poste à pourvoir ; d'autre part, il est courant de vouloir répondre de manière à séduire ses interlocuteurs.

Comment est mesurée la désirabilité sociale dans un test psychométrique ? Il existe différentes techniques de mesure de la désirabilité sociale, notamment au travers de questions spécifiques imbriquées et du calcul de cohérence des réponses. En outre, lorsque la réponse est présentée sous la forme de choix entre deux items prédéfinis, elle est conçue pour que les candidats soient autant attirés par le premier que par le second choix. Le jeu sur la sensibilité permet ainsi de limiter ce biais.

Alors comment réagir lorsqu'un candidat est évalué en haut de l'échelle de désirabilité sociale ? Rappelons d'abord qu'un score élevé en désirabilité sociale tend à invalider les résultats du test. Cependant, il faut rester prudent dans l'interprétation. Si le candidat a probablement cherché à falsifier ses résultats, la tendance à se montrer sous un jour favorable peut être aussi liée dans des cas plus rares à certains traits de personnalité, comme la volonté de perfection. Ainsi, malgré les consignes claires du test indiquant de répondre sincèrement, le candidat ne peut s'empêcher de se montrer parfait, au travail ou dans la vie sociale, par exemple en ne s'énervant jamais même dans les pires conditions. Au final, lors de l'entretien, le recruteur doit interroger le candidat sur ses précédents emplois en le faisant argumenter sur ses forces pour le pousser un peu dans ses retranchements.

Qui n'a rencontré une de ces personnes caméléons, capable de se modeler et d'adapter son comportement pour convenir à ce que l'on attend d'elle ? Dans la plupart des cas, cette attitude est inoffensive. Et à bien y penser, une petite dose de désirabilité sociale peut s'avérer un atout, par exemple pour les commerciaux, à condition que cela ne se retourne pas contre l'entreprise !

Par conséquent, si l'un de vos candidats présente un fort score de désirabilité sociale dans le rapport d'une évaluation, soyez vigilants mais ne l'éliminez pas d'office !

 

Axelle Bergeret-Cassagne

Chargée de communication, Central Test