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Ecoles et universités : des tests pour sélectionner et accompagner

11 May 2011

Ecoles et universités : des tests pour sélectionner et accompagner

Les établissements supérieurs sont de plus en plus nombreux à utiliser les tests psychométriques, que ce soit pour sélectionner les étudiants, pour les suivre dans leur formation ou pour les préparer à la vie active. Éclairage avec Céline Jouffray, consultante chez Central Test.

Les tests psychométriques se sont généralisés dans les écoles de commerce, d'ingénieur et ont fait leur apparition dans des formations plus courtes comme les IUT ainsi que dans certaines universités. « L'intérêt est croissant, leur utilisation devrait fortement se développer dans les années à venir, prévoit Céline Jouffray. Aux Etats-Unis, par exemple, il n'y a pas une seule université qui ne les utilise pas. » La plupart des établissements français y ont recours pour la sélection à l'entrée de la formation, mais de plus en plus d'écoles les utilisent aussi comme accompagnement en cours de cursus.

Des outils de sélection

Les tests psychométriques sont principalement utilisés par les établissements pour sélectionner les étudiants. « Les types de tests sont très variés, observe Céline Jouffray. Les tests de QI, d'anglais et de culture générale sont les plus classiques. Mais certains établissements choisissent aussi des tests de personnalité, d'intelligence émotionnelle, d'orientation ou encore de pensée critique. Des écoles commandent même des tests sur mesure en fonction de leurs thématiques. »

Concernant les tests d'aptitude, chaque école peut fixer son propre barème d'admission en-dessous duquel l'étudiant est refusé. En revanche, les tests de personnalité ou d'orientation servent de support à l'entretien. Les résultats sont utilisés comme base de discussion avec le candidat puis comme aide à la décision.

Des supports d'accompagnement

Certaines écoles font passer des tests d'anglais, d'intelligence émotionnelle ou de personnalité à différentes étapes du cursus. « Cela permet aux étudiants et aux professeurs de vérifier la progression des compétences et d'identifier les éléments à améliorer », explique Céline Jouffray.

Autre démarche utile pour les jeunes : utiliser des tests de personnalité en fin de cursus afin de préparer leur entrée dans la vie active. Plusieurs grandes écoles font en effet passer des tests comme l'Inventaire des Intérêts Professionnels pour aider leurs étudiants à identifier leurs atouts et leurs centres d'intérêts. Davantage conscients de leurs objectifs et de leur valeur ajoutée, les jeunes diplômés sont ainsi plus structurés dans leur démarche et mieux armés pour convaincre les recruteurs.

Trois conseils d'expert

1- Ne pas oublier le Q.E. et la pensée critique
« Les écoles qui forment de futurs managers ont encore tendance à privilégier les tests d'anglais ou de Q.I., surtout les écoles d'ingénieur, observe Céline Jouffray. Or la pensée critique et l'intelligence émotionnelle sont au moins aussi importantes que le Q.I. pour ces profils. » Le test de pensée critique permet en effet d'évaluer les aptitudes d'analyse et de discernement. Quant à l'intelligence émotionnelle, elle mesure la capacité à comprendre et gérer ses émotions et celles des autres. « Je conseille aux établissements formant de futurs cadres de ne pas négliger ces deux aspects car non seulement les employeurs les valorisent de plus en plus dans leurs recrutements mais également parce que ce sont des compétences nécessaires à la réussite à ces postes.

2- Evaluer le niveau de langue français
Le Test de français, élaboré en collaboration avec l'Alliance française, permet d'évaluer le niveau de français écrit (grammaire, vocabulaire, orthographe). Or, à l'heure du langage SMS, le niveau écrit des jeunes se détériore. « Je recommande ce test aux établissements qui rencontrent des problèmes avec le niveau de français de leurs étudiants, que ce soit pour sélectionner ou évaluer en cours de cursus », conseille enfin Céline Jouffray.

3-Dans le cadre d'un processus de sélection, privilégier une surveillance lors du passage du test
Si la question de la tricherie ne se pose pas pour les tests de personnalités, dans la mesure où il n'y a ni bonne ni mauvaise réponse, cela est moins vrai pour les tests de QI ou de Culture G. En effet, tricher est toujours possible si l'étudiant passe le test de chez lui : « tous nos tests peuvent être passés sur Internet, avec des résultats disponibles automatiquement. Cependant, pour une meilleure efficacité, nous préconisons d'encadrer les étudiants lors de leur passage car un étudiant seul chez lui peut facilement demander de l'aide à des proches lorsqu'il s'agit de tests de compétences. »

Propos recueillis par Laure Marcus